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L'Olympique de Marseille voulait frapper fort cet été. Il devra d'abord faire le ménage. Placé sous encadrement de sa masse salariale par la DNCG et sanctionné par l'UEFA dans le cadre du fair-play financier, le club phocéen aborde le mois d'août avec un effectif pléthorique et des comptes sous surveillance. Le constat est sans appel : pour recruter, il faut d'abord vendre. Et le temps presse, à trois semaines de la reprise de la Ligue 1, alors que le groupe n'a toujours pas trouvé son équilibre.
La DNCG serre la vis
Le gendarme financier du football français a tranché mardi dernier : pas d'interdiction pure et simple de recrutement, mais un plafonnement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation.
Le gendarme financier du football français a tranché mardi dernier : pas d'interdiction pure et simple de recrutement, mais un plafonnement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation. Concrètement, l'OM ne peut enregistrer aucune arrivée avant d'avoir significativement réduit son enveloppe salariale, estimée autour de 89 millions d'euros. Le club doit viser une baisse de près de moitié pour retrouver une marge de manœuvre compatible avec les exigences du régulateur, une cible particulièrement ambitieuse au cœur de l'été.
Cette décision s'ajoute aux sanctions déjà prononcées par l'UEFA, qui surveille de près les comptes marseillais dans le cadre du nouveau règlement de fair-play financier. Le double étau réglementaire ne laisse aucune échappatoire : chaque euro engagé en salaire devra avoir été libéré au préalable par un départ. Une équation complexe quand l'effectif compte encore trop de contrats lourds et peu de prétendants alignés sur les prétentions salariales des indésirables.
Grégory Lorenzi, directeur sportif arrivé au printemps, applique une feuille de route limpide et méthodique. Les prochaines recrues ne dépasseront pas 100 000 euros mensuels, avec quelques exceptions poussées à 150 000 pour des profils jugés prioritaires par le staff technique. Une contrainte qui écarte mécaniquement les gros calibres du mercato et oblige la cellule de recrutement à chasser des joueurs sous-évalués, en fin de contrat ou disponibles en prêt sec, des profils plus rares mais indispensables dans ce contexte financier resserré.
Genesio joue la montre
Présent devant la presse le 28 juillet, Bruno Genesio a livré un discours sans fard. « Il faut savoir être patients », a glissé l'entraîneur marseillais, conscient que son effectif compte encore trop d'éléments sous contrat pour que le mercato s'emballe. Plusieurs cadres ont été placés sur la liste des transferts et la direction ne ferme la porte à aucun départ, quel que soit le statut ou le passé du joueur dans le vestiaire.
Le technicien sait que le mois d'août sera décisif pour bâtir les fondations de sa première saison complète sur le banc. Les premières journées de championnat approchent et l'équipe a besoin de certitudes dans toutes les lignes. Genesio insiste publiquement sur la stabilité du groupe, mais en coulisses, Lorenzi multiplie les contacts pour dégraisser un effectif qui compte encore plus de trente professionnels sous contrat.
Cinq jeunes talents ont déjà été sécurisés en amont, validés par Lorenzi et initiés par Medhi Benatia, chargé du recrutement des moins de 23 ans. Une stratégie qui prépare l'avenir à moyen terme mais ne rassure pas les supporters, impatients de voir débarquer des renforts confirmés capables d'apporter une plus-value immédiate. Le mercato marseillais reste suspendu à la capacité du club à vendre vite et bien, et chaque jour qui passe sans mouvement renforce la pression sur la direction.
Le thermostat marseillais va monter dans les prochains jours. Le club doit vendre avant d'acheter, et le calendrier ne laisse que peu de marge. Les prochaines quarante-huit heures diront si Lorenzi parvient à débloquer les premiers mouvements dans le sens des départs et à offrir enfin à Genesio les renforts ciblés dont l'effectif a urgemment besoin pour aborder la reprise de la Ligue 1 dans des conditions acceptables.