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Le court central de Gstaad s'apprête à vibrer. Ce dimanche, la finale de l'ATP 250 suisse met aux prises deux hommes que tout oppose : Raphaël Collignon, le Liégeois de 24 ans qui vit un conte de fées sur la terre battue de l'Oberland bernois, et Stefanos Tsitsipas, l'ancien numéro trois mondial qui cherche à rallumer une flamme éteinte depuis seize longs mois. Aucun des deux n'était programmé pour être là. C'est ce qui rend cette affiche magnifique.
Collignon, l'incroyable rescapé
Mené 6-1, 4-1 par Juan Manuel Cerundolo en demi-finale, Raphaël Collignon aurait dû perdre mille fois.
Mené 6-1, 4-1 par Juan Manuel Cerundolo en demi-finale, Raphaël Collignon aurait dû perdre mille fois. Il a préféré écrire le plus beau chapitre de sa jeune carrière. Le Belge, 42e mondial et tête de série n°7, a renversé l'Argentin au terme d'un combat de 2h28 : 1-6, 7-6 (7/5), 7-5. Une victoire au mental, façonnée dans l'adversité, qui lui ouvre les portes de sa toute première finale sur le circuit ATP.
Né à Rochester (Minnesota) mais formé en Belgique, Collignon est un pur produit de la filière belge, coaché par l'ancien joueur de Coupe Davis Steve Darcis. Son ascension est méthodique : titré au Challenger 125 de Pau en 2025, il a gravi les échelons sans bruit pour atteindre son meilleur classement (42e) cette saison. À Gstaad, il n'a pas volé sa place, écartant Timofey Skatov, Valentin Vacherot et Lorenzo Sonego avant son exploit des demi-finales.
Tsitsipas, la longue traversée du désert
De l'autre côté du filet, Stefanos Tsitsipas (ATP 85) vit un moment tout aussi chargé d'émotion. Le Grec de 26 ans, double finaliste en Grand Chelem (Roland-Garros 2021, Open d'Australie 2023), n'avait plus goûté à une finale ATP depuis son sacre à Dubaï en février 2025. Seize mois de doutes, une chute hors du top 80, des critiques sur son tennis devenu prévisible. Sa demi-finale contre Alexander Shevchenko (6-4, 3-6, 6-4), maîtrisée dans les moments clés, a rappelé le Tsitsipas des grands soirs.
Le Grec vise un 13e titre en carrière, le premier sur terre battue depuis Monte-Carlo 2024. Pour un joueur de son calibre, un ATP 250 pourrait sembler anecdotique. Mais dans sa situation, chaque victoire compte. « It's one last breath », a-t-il lâché après sa demie, conscient que cette finale peut relancer une carrière en perte de vitesse.
Un duel inédit, un choc des styles
Ce sera le premier affrontement entre les deux hommes. Le paradoxe est savoureux : Collignon (42e) est mieux classé que Tsitsipas (85e), mais le Grec partira favori au regard de son palmarès et de son expérience des grands rendez-vous. Sur le papier, le duel oppose le coup droit lifté et la présence au filet du Grec à la régularité de fond de court et au revers solide du Belge. L'altitude de Gstaad (1050 m) favorise les frappeurs : les conditions pourraient avantager Tsitsipas si son service répond présent.
Pour Collignon, l'enjeu dépasse le simple résultat. Une victoire ferait de lui le premier Belge titré sur le circuit ATP depuis David Goffin à Marrakech en 2022. Pour Tsitsipas, ce serait la confirmation que sa traversée du désert touche à sa fin, à un peu plus d'un an des grands rendez-vous sur dur américain.
La finale est programmée ce dimanche à 11h30 sur le Court Central de Gstaad. Qu'importe le vainqueur, le tennis suisse tient déjà l'une des plus belles affiches de son été.


