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Trois défaites en trois rencontres, dont une élimination à Wimbledon il y a quatre semaines, et un classement en chute libre depuis le début de saison. Térence Atmane n'avait pourtant pas le profil du bourreau attendu dans la capitale américaine. Le Français de 23 ans a créé la surprise lundi soir à Washington en évinçant Frances Tiafoe, tête de série numéro six et joueur le mieux classé du tableau, dès le premier tour du Mubadala DC Open.
Le natif de Boulogne-sur-Mer a construit sa victoire sur une solidité mentale qui lui avait cruellement manqué lors de ses précédents rendez-vous avec l'Américain. Face à un Tiafoe porté par un public acquis à sa cause — l'enfant de Hyattsville, dans la banlieue de Washington, jouait littéralement à domicile — Atmane n'a jamais cédé dans les moments chauds. Le Français a breaké dès le troisième jeu de la première manche et n'a plus jamais regardé derrière, tenant son engagement avec une régularité de métronome.
Le natif de Boulogne-sur-Mer a construit sa victoire sur une solidité mentale qui lui avait cruellement manqué lors de ses précédents rendez-vous avec l'Américain.
Une saison en dents de scie, un déclic au bon moment
Avant ce tournoi, le bilan d'Atmane tenait en deux lignes : une seule victoire sur le circuit principal en sept mois et une chute hors du top 130. La demi-finale atteinte à Cincinnati l'été précédent, où il avait poussé Jannik Sinner dans ses retranchements, paraissait appartenir à un autre joueur. Mais le Français a toujours affiché une capacité à élever son niveau dans les tournois nord-américains sur dur, surface qui sert sa lourdeur de frappe en coup droit.
Le déclic washingtonien ne doit rien au hasard. Atmane a disputé un match propre, limitant les fautes directes qui plombaient ses sorties récentes et trouvant des zones agressives en retour. Tiafoe, lui, n'a jamais trouvé la cadence : breaké d'entrée dans la première manche, il a tenté de s'appuyer sur son service pour rester au contact, mais le Français a tenu ses engagements avec une régularité clinique. L'Américain a multiplié les fautes en coup droit, son arme favorite, et n'a jamais imposé le rythme élevé qui fait habituellement sa force sur dur.
Une revanche à 360 degrés
Le face-à-face entre les deux hommes penchait lourdement du côté américain avant ce lundi. Tiafoe avait remporté leurs trois confrontations en 2026 : à Miami en mars, à Houston en avril, puis à Wimbledon en juin. À chaque fois, la puissance et l'explosivité du top 20 mondial avaient fait la différence dans les moments décisifs. À Washington, le scénario s'est inversé : c'est Atmane qui a saisi les opportunités dans les jeux serrés, convertissant les balles de break quand Tiafoe les écartait une à une lors de leurs précédents duels.
Cette victoire constitue la deuxième de la saison du Français face à un membre du top 20, une performance qui le replace dans la conversation à l'approche de l'US Open. Pour Tiafoe, l'élimination précoce devant son public est un coup d'arrêt brutal après une saison sur gazon encourageante, marquée par un titre à Halle. C'est aussi la première fois depuis 2022 que l'Américain quitte le tournoi de Washington dès son entrée en lice, lui qui y avait atteint les demi-finales à deux reprises.
La suite du tableau s'ouvre
Avec la sortie de la tête de série la plus élevée du tournoi, la moitié de tableau d'Atmane devient soudainement plus respirable. Le Français affrontera au prochain tour le vainqueur du duel entre un qualifié et un joueur issu du top 50, une occasion en or de confirmer son regain de forme. Derrière, un potentiel quart de finale contre Taylor Fritz, l'autre tête d'affiche américaine, dessine un chemin exigeant mais pas inaccessible pour un joueur qui vient de prouver qu'il sait renverser les montagnes quand on ne l'attend plus. Le tournoi de Washington, dernier gros rendez-vous sur dur avant Flushing Meadows, pourrait bien devenir le tremplin que la saison d'Atmane réclamait.