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Bregman expédie les Cubs en prolongation d'un coup de massue sur le dernier strike

Wrigley Field a rugi comme aux plus belles heures d'octobre. Menés 2-0 en neuvième manche, réduits à leur dernier strike, les Chicago Cubs ont renversé les Toronto Blue…

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Wrigley Field a rugi comme aux plus belles heures d'octobre. Menés 2-0 en neuvième manche, réduits à leur dernier strike, les Chicago Cubs ont renversé les Toronto Blue Jays 3-2 en onze manches, jeudi 6 août, dans un match de rattrapage qui restera comme l'un des sommets dramatiques de leur saison. Alex Bregman, arrivé cet hiver pour peser dans ces moments-là, a déposé un missile de deux points dans les tribunes du champ gauche alors que son équipe n'avait plus qu'un souffle de vie.

Une après-midi qui sentait le rance

Pendant huit manches, les Cubs ont traversé le match comme on traverse un brouillard : sans direction, sans éclat.

Pendant huit manches, les Cubs ont traversé le match comme on traverse un brouillard : sans direction, sans éclat. Kevin Gausman, l'ancien Blue Jay passé chez les Cubs, tenait le choc au monticule — deux points concédés en sept manches — mais derrière lui, les battes restaient muettes. Face à son ancienne équipe, le droitier de 35 ans a livré une prestation pleine d'émotion contenue. Chaque retrait semblait chargé d'une signification personnelle, mais le soutien offensif n'a jamais suivi. Les Cubs, derniers de la Ligue nationale pour la moyenne au bâton avec coureurs en position de marquer depuis la pause du All-Star Game, ont confirmé leur mal chronique. Un coup sûr en six manches. Aucun coureur en position de marquer. Le genre de prestation qui vide un stade avant la fin.

Les visiteurs, eux, avançaient sans panache mais avec efficacité. Andres Gimenez a ouvert le score en septième manche sur un simple d'Alejandro Kirk, puis un point d'assurance est venu alourdir la note. À 2-0, avec le closer torontois qui s'échauffait, l'affaire semblait pliée.

Deux prises, deux strikes, et puis le chaos

Ce sport a ceci de cruel et de magnifique qu'il refuse les scénarios écrits d'avance. Neuvième manche, un retrait, un coureur sur base. Alex Bregman se présente au bâton avec deux prises contre lui. Une situation de plus et les Cubs rentrent au vestiaire la tête basse. Le releveur des Blue Jays amorce son geste, Bregman déplie les bras, et la balle file en sens inverse à 167 km/h. Un douzième coup de circuit cette saison, deux points au tableau, égalité. Bregman, recruté pour 200 millions de dollars en décembre, avait connu un début de saison poussif : moyenne sous les .240 en avril, des sifflets discrets dans les tribunes. Depuis juin, il frappe à .310 et s'est imposé comme le visage de cette équipe en reconstruction. Ce douzième circuit, arraché sur une balle cassante à 142 km/h, résume à lui seul la trajectoire du joueur : lent à démarrer, dévastateur une fois lancé.

Le match a basculé dans une autre dimension. Wrigley Field, qui somnolait depuis deux heures, s'est transformé en chaudron. Onze mille kilomètres plus loin, à Toronto, les supporters encaissaient le choc en silence.

Crow-Armstrong, l'éclair qui décide tout

Le dixième inning n'a rien donné. Onze manches : Pete Crow-Armstrong, entré en cours de jeu, vole le troisième but sur une erreur de relais du receveur. Le jeune voltigeur de 24 ans, chronométré à 30,1 pieds par seconde, fait partie des cinq joueurs les plus rapides de la Ligue nationale. Quand il s'élance, les défenses savent qu'elles jouent contre la montre, et le receveur des Blue Jays vient d'en faire la démonstration involontaire. La balle file dans le champ extérieur, Crow-Armstrong se relève et sprinte vers le marbre. 3-2. La rencontre, commencée dans la torpeur, s'achève en explosion.

Les Cubs (52-57) restent à distance des places de wild card dans une Ligue nationale qui ne pardonne rien. Mais ce jeudi d'août, le classement importait moins que la manière. Un groupe qui aurait pu lâcher prise a choisi de mordre. Bregman, trois heures plus tard, avait encore les yeux qui brillaient : un de ces après-midi où le baseball rappelle pourquoi on l'aime, même en pleine canicule d'une saison régulière qui tangue.

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