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Treize Français dans le top 100 ATP, un record porté par l'irruption d'Atmane et Royer

Le tennis masculin français n'avait plus placé autant de représentants dans le top 100 mondial depuis plus d'une décennie. Cette semaine, ils sont treize. Terence…

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Le tennis masculin français n'avait plus placé autant de représentants dans le top 100 mondial depuis plus d'une décennie. Cette semaine, ils sont treize. Terence Atmane, 23 ans, fait son entrée au 69e rang après un bond spectaculaire de 67 places, tandis que Valentin Royer, 24 ans, valide lui aussi son ticket pour la première fois. Deux trajectoires, deux tempéraments, un même aboutissement.

La fusée Atmane, de Cincinnati au sommet

Il y a un an, Terence Atmane pointait au-delà de la 130e place et bataillait encore sur le circuit Challenger.

Il y a un an, Terence Atmane pointait au-delà de la 130e place et bataillait encore sur le circuit Challenger. Sa demi-finale au Masters 1000 de Cincinnati, où il a successivement fait tomber Taylor Fritz, alors 4e mondial, puis Holger Rune, 9e, avant de céder face à Jannik Sinner en deux manches (7-6, 6-2), a tout changé. Ce parcours lui a offert le plus gros chèque de sa carrière et une exposition soudaine. Mais c'est la constance sur les mois suivants — deux titres en Challenger, un troisième tour à Miami — qui l'a installé durablement dans la course au top 100.

Originaire de Boulogne-sur-Mer, Atmane a quitté le giron fédéral à 18 ans pour s'entraîner aux États-Unis puis en Asie, un choix minoritaire dans le tennis français. Gaucher, puissant, il construit son jeu sur un coup droit lifté qui use l'adversaire et un service qui s'est densifié depuis deux saisons. À 23 ans, il devient le troisième plus jeune Français du top 100 derrière Arthur Fils et Luca Van Assche. La marge de progression sur surface rapide, où son jeu d'attaque trouve sa pleine expression, reste considérable.

Royer, la patience comme doctrine

Valentin Royer n'a pas eu droit au même coup d'éclat. Le natif de Saint-Étienne, 24 ans, a gravi les échelons un à un : Future, Challenger, puis qualifications de Grand Chelem. Sa progression doit tout à une discipline de fer et à un revers à une main qui détonne dans le tennis moderne. Début juillet, après un deuxième tour accroché à Cincinnati face à Karen Khachanov, il savait déjà que le top 100 lui tendait les bras. « Je me sens à ma place », confiait-il à l'époque. Le voilà exaucé.

Sa saison 2026 raconte un joueur qui a appris à gagner les matchs serrés : six victoires en trois sets sur ses huit derniers tournois avant le circuit américain. Pas de feu d'artifice, donc, mais un socle assez solide pour envisager la suite sans trembler. La tournée sur dur nord-américain dira si le déclic se confirme dans un tableau plus relevé.

Derrière le duo, une meute qui pousse

Le contingent tricolore ne se limite pas à ces deux nouveaux venus. Arthur Fils, solidement installé dans le top 15, Luca Van Assche, Giovanni Mpetshi Perricard ou encore Corentin Moutet composent une génération qui commence à peser dans les tableaux. Treize joueurs dans le top 100, c'est un total que la France n'avait plus atteint depuis l'époque où Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Gilles Simon et Richard Gasquet trustaient ensemble les hauteurs du classement.

Ce renouvellement s'appuie aussi sur une densité rare dans le top 200, où patientent des profils comme Gabriel Debru ou Antoine Ghibaudo. Le réservoir n'est pas vide, et l'émulation joue à plein : chaque performance envoie un signal au reste du groupe. À l'entraînement comme en compétition, la masse critique change la donne.

La tournée américaine se poursuit avec Washington cette semaine puis Cincinnati et l'US Open en ligne de mire. Pour Atmane comme pour Royer, l'objectif immédiat n'est plus de découvrir mais de confirmer. Les points à défendre sont légers, la dynamique est favorable. Et si le tennis français tient enfin la profondeur de banc qu'il appelle de ses vœux depuis dix ans, c'est peut-être le moment de le prouver.

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