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La FIFA a officialisé jeudi la désignation de Slavko Vincic pour arbitrer la finale de la Coupe du monde 2026 entre l'Espagne et l'Argentine, dimanche au MetLife Stadium. Une nomination qui aurait dû consacrer une carrière exemplaire. Sauf que le Slovène de 46 ans traîne derrière lui une affaire que le football préférerait oublier : en mai 2020, il a été interpellé en Bosnie-Herzégovine lors d'une vaste opération policière visant un réseau de cocaïne, d'armes et de prostitution.
Un dîner qui tourne mal
La police bosnienne lance un raid sur un ranch de Bijeljina, dans le nord du pays.
Nous sommes le 29 mai 2020, en pleine pandémie. La police bosnienne lance un raid sur un ranch de Bijeljina, dans le nord du pays. À l'intérieur : 35 personnes, de la cocaïne, des armes à feu, et neuf femmes présentées comme des prostituées. Parmi les interpellés, un certain Slavko Vincic, qui assure être venu « pour un dîner d'affaires » et nie toute implication dans le trafic. Relâché après interrogatoire, il ne sera jamais poursuivi. Mais l'épisode colle à sa réputation comme une tache indélébile.
L'UEFA, qui l'avait pourtant promu arbitre international en 2010, n'a jamais commenté publiquement l'incident. Vincic a continué sa carrière sans encombre apparent : finale de la Ligue Europa 2022 (Francfort-Rangers), demi-finale de la Ligue des champions 2023, puis la consécration ultime en mai 2024 avec la finale de la Ligue des champions entre le Borussia Dortmund et le Real Madrid à Wembley.
La FIFA assume, les critiques s'enflamment
En nommant Vincic pour le match le plus regardé de la planète — 1,5 milliard de téléspectateurs attendus —, la FIFA a pris un risque calculé. L'instance a publié vendredi un portrait élogieux de l'arbitre slovène sur son site officiel, soulignant qu'il est le 23e arbitre de l'histoire à diriger une finale mondiale, sans faire la moindre allusion à l'affaire de 2020.
La presse internationale, elle, n'a pas cette pudeur. En France, L'Indépendant titre sur son « passé sulfureux » ; 20 Minutes souligne le contraste entre l'éloge FIFA et les archives bosniennes. La finale de dimanche, entre l'Espagne d'un côté et l'Argentine de l'autre, se jouera donc avec un homme au centre du terrain dont le nom rouvre, à chaque grand rendez-vous, le même dossier.
Un arbitrage sous haute surveillance
Reste la question sportive. S'il n'a jamais été condamné, Vincic jouit d'une réputation d'arbitre rigoureux mais friand de cartons : 6,4 cartons jaunes en moyenne par match de Ligue des champions la saison passée, et trois penalties sifflés lors des six derniers matches internationaux qu'il a dirigés. Dimanche, devant 82 000 supporters au MetLife Stadium et des millions de téléspectateurs, chaque décision litigieuse sera disséquée plan par plan.
Pour la FIFA, le pari est clair : miser sur l'expérience d'un arbitre habitué aux joutes européennes majeures pour éviter le hors-sujet. Pour les critiques, c'est tout l'inverse : choisir un homme dont le passé n'a jamais été tiré au clair expose l'institution à un rappel permanent de cette nuit de mai 2020.
Un match scruté jusqu'à l'arbitrage vidéo
Les arbitres assistants et le quatrième officiel ont également été désignés vendredi, dans la même logique de profils expérimentés : un trio slovène renforcé par un Allemand et un Néerlandais, tous déjà rodés aux grandes affiches européennes. La cellule VAR, centrale à Nyon, sera pilotée par un duo hispano-suisse, avec l'instruction claire de n'intervenir que sur erreur claire et manifeste.
Vincic, lui, sait qu'un seul penalty non sifflé, une seule simulation oubliée, suffira à relancer le débat. Le match de dimanche n'est pas seulement une finale : c'est un test de crédibilité pour un arbitre que le football mondial n'a jamais vraiment auditionné sur l'épisode bosnien. Coup d'envoi prévu à 20 heures, heure française, au MetLife Stadium d'East Rutherford.