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Chus Bueno a choisi le podcast StreamTime Sports pour poser ses pions. Le PDG espagnol de l'Euroleague, en poste depuis le début d'année 2026, a livré sa vision des négociations avec la NBA sur son projet de ligue européenne. Le message tient en une formule : collaborons, mais ne nous demandez pas de disparaître.
Un ancien de la NBA qui connaît les deux maisons
Passé par les bureaux new-yorkais de la NBA, où il supervisait les opérations internationales, il maîtrise les rouages des deux organisations.
Bueno, 52 ans, n'a pas atterri à Barcelone par hasard. Passé par les bureaux new-yorkais de la NBA, où il supervisait les opérations internationales, il maîtrise les rouages des deux organisations. Son profil hybride a pesé dans sa nomination : l'Euroleague cherchait un dirigeant capable de parler le langage de la ligue américaine tout en défendant les intérêts des clubs européens.
Dans l'entretien, il ne cache pas son scepticisme sur le projet de franchises NBA Europe qui concurrenceraient frontalement l'Euroleague. « Fragmenter le marché serait une destruction de valeur pour tout le monde », a-t-il déclaré, reprenant un argument déjà avancé devant la FIBA au printemps. Sa solution : intégrer le projet NBA dans l'écosystème existant plutôt que de bâtir une structure parallèle.
« Nous n'avons jamais été aussi forts »
La position de Bueno s'appuie sur un constat chiffré. L'Euroleague sort d'un cycle de renégociation où la quasi-totalité des clubs actionnaires — dont l'ASVEL, Barcelone, le Real Madrid et le Fenerbahçe — ont signé des engagements de dix ans. Les audiences TV progressent sur les marchés clés, l'affluence moyenne en salle dépasse les 10 000 spectateurs et le nouveau contrat de diffusion avec IMG garantit une visibilité accrue.
« Nous ne disparaîtrons jamais », a martelé Bueno, répondant à ceux qui voient dans la NBA Europe une menace existentielle pour la compétition continentale. Il a toutefois reconnu qu'un rapprochement est « absolument possible » si les deux parties acceptent de faire preuve de flexibilité — d'où le titre de l'interview.
Le calendrier, nerf de la guerre
Le principal point de friction reste le calendrier. La NBA imagine une ligue européenne calée sur le modèle nord-américain, avec une saison régulière hivernale. L'Euroleague, elle, ne peut pas déplacer ses dates sans se heurter aux championnats nationaux, aux fenêtres FIBA et à l'Euroligue féminine.
Bueno a mentionné une réunion prévue en juillet entre les trois entités — NBA, Euroleague et FIBA — pour tenter de débloquer ce dossier. Aucune date précise n'a filtré. Le directeur exécutif de la FIBA Europe, Kamil Novak, avait évoqué en juin une « volonté commune d'avancer », sans plus de détails.
Paris et l'ASVEL en première ligne
Pour les deux clubs français de l'Euroleague, les enjeux sont concrets. Paris Basketball, qui dispute sa deuxième saison dans l'élite, a besoin de stabilité pour consolider son modèle économique. L'ASVEL, de son côté, a récemment sécurisé sa licence pour dix ans tout en gardant « un œil sur la NBA Europe », selon les mots de son président Tony Parker.
Villeurbanne a d'ailleurs longtemps hésité avant de resigner : la perspective d'une NBA Europe, que certains présentent comme une porte d'entrée vers la Basketball Champions League de la FIBA, faisait office d'alternative alléchante. Le choix final de rester dans le giron Euroleague témoigne de la confiance accordée à la feuille de route de Bueno.
L'Espagnol joue une partition délicate. Il doit rassurer ses clubs historiques, tenir tête à une NBA qui pèse quelques milliards de plus que lui et convaincre la FIBA qu'une solution tripartite est préférable à une guerre de tranchées. L'interview au podcast StreamTime Sports en est l'acte le plus récent. Ce ne sera pas le dernier.