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Quatre passes décisives en finale. Le brassard de capitaine autour du bras. Une médaille d'or autour du cou. Et un téléphone qui chauffe sous les messages des recruteurs de la LNH. Landon DuPont, 17 ans, a refermé samedi soir sa Coupe Hlinka-Gretzky comme on termine un chef-d'œuvre : en écœurant les États-Unis 8 buts à 1 à Edmonton, sous les yeux des trente-deux directions générales de la ligue.
Le défenseur droitier des Silvertips d'Everett, dans la Ligue junior de l'Ouest canadien, n'a pourtant pas encore l'âge de voter. Mais il possède déjà le statut de joueur exceptionnel — le neuvième dans l'histoire de la Ligue canadienne de hockey — et un engagement signé avec l'Université du Michigan pour la saison prochaine. Les mots « futur premier choix du repêchage 2027 » circulent dans toutes les conversations de dépisteurs.
Le défenseur droitier des Silvertips d'Everett, dans la Ligue junior de l'Ouest canadien, n'a pourtant pas encore l'âge de voter.
Une finale à sens unique
Le Canada a mis une période entière à régler la mire samedi, puis a déclenché l'ouragan. DuPont, positionné en quarterback de l'avantage numérique, a distribué les caviars : une transversale pour Brock England, une remise instantanée pour Maddox Schultz, une ouverture laser pour Liam Pue. Le score final (8-1) ne raconte qu'à moitié la domination territoriale des Canadiens, qui ont converti trois de leurs cinq supériorités numériques et muselé une équipe américaine pourtant tenante du titre.
« Je n'ai pas eu à faire grand-chose d'autre que de pousser la rondelle ; sa passe était parfaite », avait sobrement commenté DuPont à propos d'Alexis Joseph, son coéquipier québécois, après la victoire contre la Slovaquie en phase de groupes. Samedi, ce sont ses partenaires qui lui ont retourné le compliment.
Sept ans en Suisse, cinq en Allemagne
Le parcours de DuPont détonne dans le moule des purs produits du hockey canadien. Fils de Micki DuPont, défenseur professionnel qui a écumé les patinoires de Suisse (Ambri-Piotta, Kloten) et d'Allemagne (Mannheim, Straubing), Landon a passé son enfance de l'autre côté de l'Atlantique. Sept ans en Suisse, cinq en Allemagne : le gamin de Calgary a appris à patiner sur les lacs gelés des Grisons avant de dominer les patinoires de la WHL.
« J'ai passé sept ans en Suisse, puis cinq ans en Allemagne, racontait-il récemment à NHL.com. J'ai pu apprendre à estimer les éléments nécessaires pour jouer chez les professionnels. » Une éducation européenne qui transparaît dans son jeu : lecture du palet, patience en relance, qualité de première passe. À 17 ans, il possède la maturité d'un arrière de vingt-cinq ans.
Le Michigan puis le monde
La saison 2024-2025 de DuPont avec Everett donne le vertige : 64 matchs, 17 buts, 43 passes décisives, 60 points et un différentiel de +31. Ces statistiques, compilées à 15 et 16 ans face à des adversaires parfois majeurs, ont convaincu Hockey Canada de lui confier le brassard de capitaine pour le tournoi d'Edmonton. Un choix payant.
L'automne prochain, DuPont rejoindra Ann Arbor et le programme des Wolverines du Michigan, pépinière habituelle des premiers choix de la LNH. Il y croisera les meilleurs espoirs mondiaux dans un championnat universitaire américain relevé comme jamais. La suite logique, si son développement se poursuit sur cette trajectoire, le mènera sur l'estrade du repêchage 2027. D'ici là, les directeurs généraux de la LNH ont une raison de plus de ne pas décrocher leur téléphone cet été : impossible de parler à un joueur qui n'est pas encore éligible. Mais ils notent. Ils notent tout.
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