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Il y a des confidences qui en disent plus long qu'une analyse tactique. Présent à un événement new-yorkais en compagnie de l'humoriste Marcello Hernández, Novak Djokovic a livré un récit à la fois drôle et éclairant sur sa relation avec Jannik Sinner, l'homme qui lui barre la route à Wimbledon depuis trois éditions. Le Serbe de trente-neuf ans, demi-finaliste du dernier tournoi londonien, a raconté comment un excès de générosité s'est transformé en cauchemar récurrent.
Une séance d'entraînement à cent mille dollars
Tout commence il y a quelques saisons, quand un Sinner à peine sorti de l'adolescence débarque sur le circuit avec une réputation de talent brut.
Tout commence il y a quelques saisons, quand un Sinner à peine sorti de l'adolescence débarque sur le circuit avec une réputation de talent brut. Djokovic, déjà riche de plus de vingt titres du Grand Chelem à l'époque, accepte de partager le court avec lui. Mieux : il se glisse dans le rôle du professeur consciencieux.
« Je lui ai fait un résumé complet de tout ce que j'avais remarqué sur le court : ses faiblesses, ses forces, les choses sur lesquelles il devait travailler », a-t-il confié, déclenchant les rires du public. Sauf que le jeune homme a pris des notes. Beaucoup de notes. « Et puis, pendant les trois années suivantes, il m'a battu à Wimbledon chaque année. Chaque fichue année. Alors je me dis que j'ai peut-être commis une erreur, je ne sais pas ! »
L'élève devenu bourreau
La formule fait mouche parce qu'elle dit vrai. Depuis cette séance fondatrice, Jannik Sinner est devenu le numéro un mondial incontesté, vainqueur de l'Open d'Australie et maître du gazon londonien. Leur dernier affrontement en date, en demi-finale de Wimbledon 2026, a encore consacré l'Italien, malgré une résistance héroïque du Serbe.
Pour atteindre ce dernier carré, Djokovic avait dû écarter Félix Auger-Aliassime au bout d'un combat en cinq manches étouffant, conclu 7-6, 3-6, 6-3, 7-6, 7-6. Une victoire à l'arraché qui disait tout de sa longévité exceptionnelle et de sa capacité à repousser les limites du temps. Mais face à Sinner, la marche était trop haute. L'Italien de vingt-quatre ans, porté par une confiance inébranlable et une couverture de terrain devenue sa marque, a confirmé son emprise sur la nouvelle génération.
Au-delà de Wimbledon, Sinner a bâti une saison 2026 d'une solidité remarquable, enchaînant les finales et dominant le classement ATP avec une constance que peu de ses rivaux parviennent à suivre. Sa progression doit beaucoup à cette capacité rare d'absorber et de synthétiser l'information, y compris celle offerte gratuitement par ses adversaires.
Un respect mutuel qui force l'admiration
Si Djokovic manie l'autodérision avec le brio qu'on lui connaît, l'anecdote révèle surtout la nature singulière du lien qui unit les deux champions. Jamais le Serbe n'a manifesté la moindre rancoeur envers celui qui incarne pourtant la relève générationnelle la plus implacable qu'il ait eu à affronter. Il a au contraire multiplié les hommages à l'éthique de travail de Sinner et à sa sérénité dans l'échange, saluant publiquement un joueur qu'il considère comme un modèle de progression.
Sinner, de son côté, n'a jamais caché ce qu'il devait à son aîné. Admirateur de la première heure, l'Italien a longtemps observé Djokovic avec fascination avant de pouvoir le défier d'égal à égal. Cette relation placée sous le signe d'une admiration réciproque, malgré la férocité de leurs duels, constitue l'un des fils rouges les plus élégants du circuit actuel.
Flushing Meadows en ligne de mire
Éliminé aux portes de la finale à Wimbledon, Djokovic a désormais tourné son regard vers l'US Open, ultime Grand Chelem d'une saison 2026 déjà riche en émotions. Le Serbe sait qu'il retrouvera probablement Sinner à New York. Et cette fois, il s'est promis une chose : ne surtout pas l'aider à corriger le moindre défaut.