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Le Masters 1000 de Montréal s'élance ce dimanche 2 août sur le dur du Stade IGA avec un tableau que personne n'avait anticipé. Ni Jannik Sinner, ni Carlos Alcaraz, ni Novak Djokovic : le Big Three du tennis mondial a fait l'impasse sur l'étape canadienne, laissant Alexander Zverev endosser seul le costume de grand favori. Un scénario qui redistribue toutes les cartes et ouvre la voie à des surprises que le tournoi québécois affectionne. Le forfait simultané des trois monstres sacrés transforme ce Masters 1000 en laboratoire grandeur nature pour une génération qui pousse derrière eux.
Un plateau orphelin de ses trois plus grandes stars
Le forfait du trio de tête donne au tournoi une physionomie rare pour un Masters 1000.
Le forfait du trio de tête donne au tournoi une physionomie rare pour un Masters 1000. Zverev, numéro deux mondial et déjà titré ici en 2022, devient le patron naturel d'un tableau où Ben Shelton, tenant du titre, Felix Auger-Aliassime et Taylor Fritz incarnent les principaux dangers. L'Allemand connaît la recette sur cette surface rapide qui récompense les premiers coups de raquette et les services puissants. Sa finale perdue à Wimbledon le mois dernier contre Sinner a laissé des traces, mais aussi une certitude : son tennis de percussion fonctionne sur tous les terrains.
Le public québécois, lui, aura les yeux rivés sur Auger-Aliassime. Le Montréalais de 26 ans retrouve son tournoi fétiche après une saison en demi-teinte où il navigue autour du vingtième rang mondial. Le tirage au sort ne lui a fait aucun cadeau : dès son entrée en lice mardi, il pourrait hériter d'un adversaire du calibre de Sebastian Korda ou d'Arthur Fils. La pression bienveillante du mur jaune du Stade IGA sera son meilleur atout, à condition de survivre aux premiers tours où il a trop souvent trébuché cette année. Taylor Fritz, lui, arrive de Washington avec un titre en poche et une confiance qui pourrait faire des ravages dans la moitié basse du tableau.
Dix Français, des fortunes diverses
La délégation tricolore est la plus fournie du plateau avec dix joueurs, un chiffre qui dit autant la densité du tennis français que l'absence de certitudes sur un éventuel successeur à Jo-Wilfried Tsonga, dernier Français titré au Canada en 2014. Arthur Fils, exempté de premier tour grâce à son statut de tête de série, portera les espoirs les plus légitimes. Le jeune homme de 21 ans a rassuré sur l'état de sa hanche après son abandon en quart de finale à Washington et arrive avec l'ambition de dépasser le troisième tour, son plafond actuel en Masters 1000. Sa puissance du fond du court et son agressivité en retour pourraient faire merveille sur le dur rapide montréalais.
Derrière lui, Giovanni Mpetshi Perricard et sa première balle supersonique pourraient semer la panique dans un tableau où les serveurs volumineux ont historiquement brillé. Ugo Humbert cherchera lui à retrouver le rythme qui lui avait offert un titre à Dubai en mars, avant une saison sur terre battue et gazon qui a dilué son efficacité. La surprise pourrait venir des qualifications : Benjamin Bonzi et Hugo Gaston ont tous deux passé le cut samedi en dominant des adversaires mieux classés, et Arthur Fery, révélation de Wimbledon où il avait poussé Medvedev au cinquième set, a hérité d'une wild-card qui sent la confiance du tournoi envers la jeune garde.
La malédiction des premières fois
Montréal cultive une statistique qui fascine le circuit : les quatre derniers vainqueurs du tournoi — Pablo Carreño Busta en 2022, Jannik Sinner en 2023, Alexei Popyrin en 2024 et Ben Shelton en 2025 — y ont tous décroché leur tout premier titre en Masters 1000. Aucun autre tournoi de la catégorie ne peut revendiquer une telle série, ce qui fait du rendez-vous canadien la rampe de lancement idéale pour un prétendant en quête de légitimité. La liste des joueurs du top 30 encore vierges de titre en Masters 1000 est longue, et plusieurs d'entre eux sont dans le tableau.
Avec 9,4 millions de dollars de dotation globale et un format de 96 joueurs où les têtes de série n'entreront en lice qu'à partir de mardi, la fenêtre est grande ouverte pour qu'un nouveau nom grave le sien au palmarès. Reste à savoir qui, parmi les Fritz, Shelton, Auger-Aliassime, ou un invité surprise venu des qualifications, forcera le destin pour perpétuer cette étrange tradition montréalaise.