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Edson Barboza disputera samedi à Philadelphie le trente-troisième combat UFC de sa carrière. Le Brésilien de 40 ans y affrontera l'Argentin Esteban Ribovics, en lever de rideau d'un UFC 330 dominé par la défense de titre d'Islam Makhachev face à Ian Machado Garry. Programmée sur la carte préliminaire, cette confrontation entre deux strikers des poids légers raconte pourtant l'une des histoires les plus denses de la soirée : celle d'un puncheur d'exception qui, pour la première fois, évoque ouvertement la fin du voyage. Lui qui a bâti sa légende sur sa capacité à endormir n'importe quel adversaire d'un seul coup de pied admet désormais que le sablier se vide, et il le dit sans trembler.
Seize ans à encaisser l'élite sans jamais la refuser
Depuis, le Brésilien a croisé Khabib Nurmagomedov, Tony Ferguson, Justin Gaethje, Anthony Pettis, Dan Hooker et Bryce Mitchell.
Barboza a rejoint l'UFC en 2010. Trois cycles de lightweights plus tard, il est toujours là. Son high kick retourné sur Terry Etim en 2012 — un KO que Dana White qualifia à l'époque de « plus beau de l'histoire de l'UFC » — continue de tourner en boucle sur les réseaux sociaux douze ans après. Depuis, le Brésilien a croisé Khabib Nurmagomedov, Tony Ferguson, Justin Gaethje, Anthony Pettis, Dan Hooker et Bryce Mitchell. Vingt-quatre victoires, quatorze défaites : le ratio dit moins sa fragilité que son refus constant de sélectionner ses adversaires. À chaque fois qu'on l'a donné perdant, il a accepté le combat. À chaque fois qu'un jeune loup a voulu se faire un nom sur le sien, il a signé le contrat.
Installé en Floride, le natif de Nova Friburgo ne boxe plus avec l'obsession du classement. Ses proches le décrivent « serein et financièrement à l'abri ». Lui-même reconnaît que chaque marche vers la cage pourrait être la dernière. À 40 ans, dans une division où le premier coup d'œil qui s'émousse coûte un KO, cette lucidité est moins une coquetterie qu'une question de survie. Il a trop vu de carrières s'achever dans l'amertume pour ne pas vouloir écrire la sienne autrement.
Ribovics, l'appétit d'un fauve argentin
Esteban Ribovics, 30 ans, débarque de Salta avec 15 victoires pour 3 défaites et une dynamique aux antipodes de celle de son aîné. Sa dernière sortie, un combat au couteau contre Daniel Zellhuber, a tourné en boucle dans les réunions de production de l'UFC. Volume de frappe, enchaînements de combinaisons, cardio capable de tenir trois rounds à plein régime : le profil idéal pour faire dérailler un vétéran dont les fins de combat sont devenues le point faible documenté de sa fiche statistique. Dans une division lightweight qui broie ses anciens sans état d'âme, inscrire le nom d'Edson Barboza à son tableau de chasse enverrait Ribovics directement dans le top 15. Le timing est cruel mais le sport l'est aussi : pour exister, il faut faire tomber ceux qui vous ont précédé.
Philadelphie, un combat à contretemps
L'UFC 330 remplit le Xfinity Mobile Arena avec l'affiche Makhachev-Machado Garry en tête de gondole. L'UFC mise tout sur la ceinture du Russe et le trashtalk calibré de l'Irlandais. Barboza et Ribovics, relégués sur la portion préliminaire, passent après ce choc dans la hiérarchie de la soirée. Mais la question qu'ils posent n'a rien de secondaire : jusqu'où un combattant de 40 ans peut-il repousser l'horloge avant que la sortie de route ne devienne douloureuse ? La carte préliminaire d'un gala UFC est souvent le théâtre des plus belles histoires humaines, loin des projecteurs braqués sur les ceintures.
Barboza n'a jamais touché l'or à l'UFC. Il quittera l'organisation avec autre chose : seize années de combats où sa jambe gauche représentait une menace immédiate, quel que soit l'adversaire. À Philadelphie, qu'il gagne un sursis ou qu'il bute sur la limite d'âge, le Brésilien terminera debout — comme il a toujours combattu. Et quand viendra le moment de dire stop, personne ne pourra lui reprocher d'être resté un round de trop.